Historique
Si je me demande aujourd'hui pourquoi, démobilisé en 1946, j'ai éprouvé une joie extraordinaire au moment de la signature de l'Alliance Atlantique trois ains plus tard, c'est sans doute parce que je trouvais, à travers ce monument de simplicité qu'est le Traité, la voie ouverte vers la réalisation des buts politiques et idéologiques que nous avions, petits soldats à l'esprit simple que nous étions, adoptés dans la guerre.

Nos buts de guerre privés, après tout, correspondaient à la réalité : il était et il est encore (plus que jamais ?) de l'intérêt permanent de la FRANCE d'être lié par un accord clair comme l'eau de roche avec des nations qui, basiquement, partagent cette même notion qui est tout sauf internationaliste.
Il était donc bon, qu'en 1954, soit créée une Association Française Atlantique. Ce qui fut fait. Georges Bidault - qui voyait loin - a voulu qu'on ajoutât le mot Communauté. Il a regroupé autour de lui Pleben, Mollet, Pinay et pas mal d'autres de tous bords.
Il était bon aussi que l'idée franco-britannique d'une Association interalliée se matérialisât dans la création de l'Atlantic Treaty Association, le groupe anglais étant mené par John Epstein. De là est née l'ATA, statutairement paritaire et bilingue (comme le temps passe ...).
Les communistes, qui se trompent rarement lorsqu'il s'agit de détecter ceux qui pourront comprendre leurs buts ultimes et donc s'opposer stratégiquement à eux, déclanchèrent rapidement une lutte frénétique contre l'Alliance (US Go Home !). L'AFCA eut alors l'honneur d'être souvent visée (non sans raison si l'on se remémore l'influence exercée alors par certains de nos travaux).
Les gaullistes ? il y eut des hauts, des bas et des sinuosités. Le Général ? un jour, à propos de Cuba, il a dit - et aurait fait - l'essentiel: dans un moment crucial, il a rappelé que l'Alliance était une machine de guerre fondée sur la solidarité et qu'elle pourrait fonctionner si on l'y forçait. On sait que la leçon a porté. Le reste est épisodique.
Voilà.
Pendant 50 ans, l'AFCA, dans son domaine et avec ses moyens variables, a maintenu une conception des intérêts permanents de la France dans l'Alliance, dans la limite de son action, mais dans la fidélité à ses conviction.
Sans doute, finalement, n'est-ce pas si courant dans la vie politique: une universitaire française de renom travaille sur les archives de l'AFCA pour analyser et mettre en valeur les voies et moyens mis en oeuvre au cours du temps par notre petit groupe pour faire vivre contre vents et marées une idée, l'idée atlantique, comme facteur de la cohésion nationale et du bien de notre pays.
François Moreau de Balasy
Président d'honneur de l' Afca





