54ème assemblée générale de l'Association du Traite Atlantique
Remarquablement organisée à Berlin par une Association Atlantique Allemande renouvelée: la 54ème assemblée générale de l'association du traite atlantique a élu Karl Lamers, député au Bundestag, président de l'ATA.
Les Assemblées générales de l' Association du Traité Atlantique se suivent et ne se ressemblent pas. Après la réunion d 'Ottawa, l' Association Atlantique Allemande ( Deutsche Atlantische Gesell-schaft ) a fort bien organisé la 54ème Assemblée générale de l'ATA à Berlin du 10 au 12 novembre.
Cette association, visiblement reprise en main par des parlementaires, membres du Bundestag et présidée par le député Paul Schmidt, Secrétaire d' Etat parlementaire auprès du Ministre de la Défense, a montré qu'elle avait, elle, le soutien de son gouvernement et était prise au sérieux, comme le démontre la participation de la Chancelière allemande,Mme Merkel et du Secrétaire Général de l'OTAN, M. Jaap de Hoop Scheffer.
Cette réunion était aussi marquée par une certaine originalité du programme,organisé au tour de la porte de Brandebourg.. En effet, après la réunion traditionnelle du Conseil de l'ATA qui traitait des affaires internes de l'Association et la séance inaugurale officielle, à l'Hôtel Adlon, avec Mme Merkel et M. Jaap de Hoop Scheffer, furent organisées sous le titre "NATO TALK AROUND THE BRANDENBURG GATE" ( que l'on peut approximativement traduire par 'Colloque' (ou discussion) autour de la Porte de Brandebourg) quatre discussions dans les Ambassades des Etats Unis, du Royaume Uni, de Hongrie et de France puis deux autres dans les Ambassades d'Ukraine et de Russie.
A l' Ambassade de France, on peut noter la participation du Général Bentegeat, chef d'Etat Major de l'Union Européenne et de Jean-Fran√ßois Bureau, Secrétaire général adjoint de l'OTAN qui ont tous deux insisté sur le fait que l'Union Européenne et l'OTAN n'étaient pas des concurrents, ni des adversaires mais devaient, au contraire, être complémentaires, rappelant aussi que 21 des 26 pays membres de l'OTAN étaient membres de l'Union européenne.
L'assemblée générale fut clôturée par une très belle réception au Ministère de la Défense, où nous étions accueillis par Paul Schmidt, non pas en tant que président de l' Association allemande mais comme secrétaire d' Etat à la Défense.
Alors qu'à Ottawa la participation de l'AFCA était réduite à sa plus simple expression :MM. Marcus et Moreau de Balasy, à Berlin la délégation fran√ßaise comportait quinze membres : M. Marcus, M et Mme Moreau de Balasy, Mme la Générale Madré, le Général Georges Michel Choux, M. et Mme Labbez, Melle Gabrielle Mass, M. et Mme Cassso, M.et Mme Laurelli , et trois jeunes de YATA, M. Raminatra, M.de Rancourt et Melle Chastaing.
Au début de l'assemblée générale,deux candidats à la Présidence étaient envisagés, M. Karl Lamers, membre du Bundestag et vice-président de l'assemblée Parlementaire de l'OTAN et M. Théodore Giorgiou, ancien président de l' ATA et président de l'Association grecque, qui n'avait pas été déclaré élu à Ottawa,car même s'il était largement majoritaire il était bloqué par l'absurde clause de statuts imposant une majorité des trois cinquièmes, clause qui a été modifiée à Berlin.
Avec un grand sens de l'honneur et du dévouement à l'A.T.A, M. Giorgiou, décida de retirer sa candidature pour permettre la désignation du Président de l'ATA par consensus. Cette décision fut saluée par une salve d'applaudissements. C'est ainsi que M. Karl Lamers fut élu par acclamations. Nous lui souhaitons une présidence efficace.
Les déclarations de Mme Merkel et de M.Jaap de Hoop Scheffer
Lors de la séance inaugurale les déclarations de la Chancelière fédérale et du Secrétaire général de l'OTAN ne se bornaient pas à d'aimables propos d'accueil des délégués.
La Chancelière Merkel, dans une intervention claire et vigoureuse a exprimé l'attachement de l'Allemagne à l' Alliance et réaffirmé la volonté de participer pleinement à la mise en oeuvre de la Politique de Défense et de Sécurité européenne.
Elle a montré, sinon de la réticence, du moins une grande prudence en ce qui concerne les opérations OTAN et celle des coalitions de volontaires (coalitions of willings) au Moyen Orient et ailleurs.
A l'égard des pays de l' Est et du Sud est européens, elle souhaite nettement que ceux-ci comprennent bien que l'appartenance à l' Alliance comporte des droits mais aussi des devoirs essentiels à la pérennité et à l'efficacité du système.
La Russie doit, selon elle, poursuivre ses efforts pour améliorer de manière continue ses rapports avec l' Ouest et résister aux tendances au "retour en arrière" qu'on peut observer dans certaines circonstances.
Le secrétaire général de l'OTAN, M. Japp de Hoop Scheffer, après avoir salué le nouveau président de l'ATA, M. Karl Lamers, évoqua l'ATA et son rôle.
L'ATA est une Organisation Non Gouvernementale vraiment unique. C'est un instrument indispensable pour familiariser les auditoires "spécialement les plus jeunes auditoires"‚ à l'OTAN. Dans certains de nos nouveaux pays membres - ou aspirant à le devenir - ,es Associations Atlantiques ont été efficaces en soutenant le choix pour l'adhésion ou le partenariat par des campagnes d'information....
L'ATA peut - et doit - jouer un rôle clef en aidant nos publics à mieux comprendre l'OTAN. Mais je suis sûr que l'ATA ne nous en voudra pas si l'OTAN rend son travail un peu plus facile en produisant un nouveau document pour expliquer où nous sommes et où nous allons. Et pourquoi l'OTAN reste essentiel pour notre sécurité commune.
Le Secrétaire général de l'OTAN aborde aussi le problème de la coexistence OTAN / Union européenne : "cela n'a pas de sens de présenter l'OTAN et la Politique Européenne de Défense et de sécurité comme deux opposants irréconciliables. Une Union européenne sans PESD serait incomplète? Une relation transatlantique sans l'OTAN serait impensable. C'est pourquoi l'OTAN et l' U.E. ont besoin de continuer à travailler sur leur partenariat stratégique, non comme des rivaux ou es participants à un concours de beauté, mais comme deux institutions clefs qui n'ont rien à perdre mais tout à gagner en travaillant ensemble, d'une manière rapprochée. Nous voyons les bénéfices d'une telle approche dans nos efforts respectifs et coordonnés en Bosnie et Herzgovine, en Afghanistan et nos réponses à la piraterie au large des côtes de l'Afrique de l'est. N'oublions pas ce point important : l'OTAN et l'U.E. partagent 21 Etats alliés/membres."
M. Jaap de Hoop Scheffer évoqua aussi la question des relations avec la Russie :
"Nous ne choisirons pas entre l'élargissement de l'OTAN et la Russie, car nous avons besoin des deux : nous avons besoin d'une Europe où les pays sont libres de choisir leur propre destinée et
ne laissent pas aux autres le soin de la déterminer. Cela veut dire que l'OTAN ne fera pas marche arrière sur son engagement envers la Géorgie et l'Ukraine qu'ils seront un jour membres de l' Alliance. Mais nous avons aussi besoin d'une Russie qui soit un partenaire de confiance dans la nouvelle Europe. La Russie et l'OTAN font face à une nombre de défis fondamentaux de sécurité -
terrorisme, non prolifération, contrôle des armes -mais nous serions mieux si nous les affrontions ensemble...."





