Afghanistan : victoire militaire ou reconquête intérieure ?
Notre pays, plus que d'autres alliés, peut aider à faire évoluer la situation sur un théâtre stratégique clé dans une aire d'incertitudes et de menaces
Le Premier Ministre François Fillon, confirmant récemment à Kaboul l'engagement sans ambiguïté de la France dans le cadre interallié en Afghanistan, a, dans le même temps, insisté sur la volonté de nature stratégique de porter un effort accru sur l'action de renforcement des forces afghanes dans le rétablissement de l'ordre – ou plus exactement dans l'établissement d'un ordre nouveau dans ce pays qui, depuis des temps immémoriaux, refuse tout ordre imposé de l'extérieur.
Disant cela, François Fillon se situe exactement dans une ligne dominante de la pensée stratégique et militaire française dans la résistance au terrorisme.
Le Général Challes, dès 1959, avait crée dans le cadre du Plan qui porta son nom, les SAS, Sections Administratives Spéciales dont la mission consistait à susciter, à travers des réalisations sociales et humaines, les ralliements et la pacification de zones destinées à devenir les bases d'extension de la pacification conformément au principe posé par Challes selon lequel « la pacification en Algérie sera faite par les Algériens ».
David Galula, officier français enseignant en 1963 à West Point la théorie et la pratique de la contre insurrection expliquait pourquoi et comment la contre insurrection se joue et se gagne non pas dans la victoire sur le champ de bataille mais dans la maîtrise des terrorismes et le ralliement sincère des insurgés.
Cette continuité nous permet et même nous impose moralement de mettre aussi puissamment que possible l'accent sur la construction d'une force armée afghane compétente et sûre qui seule pourra trouver les voies et moyens de la pacification par l'intérieur et non par l'action purement militaire.
A ce stade, il serait utile que le pouvoir politique en place à Kaboul, au-delà des déclarations de principe, fasse connaître dans de brefs délais le plan concret de reconquête intérieure dont la réalisation pourra être soutenue par l'OTAN et non pas la pérennisation sans échéance du rôle de supplétif tenu en fait par les Forces afghanes.





