Forces Alliées : vous avez dit transformation ?
La prochaine réunion des chefs d’Etats et de Gouvernement de l’alliance aura lieu en Novembre 2006. Le thème central en sera “ la transformation”.
Quid ? Le paysage géopolitique et géostratégique en Europe a commencé à bouger à la chute du Mur, et, depuis, ne cesse d’évoluer de l’extérieur, on se rend mal compte à quel point l’OTAN, sur le plan militaire, a réussi à faire face à cette réalité évidente mais difficile à saisir dans ses évolutions et ses potentialités... En toute entreprise, même (et peut-être surtout) dans le domaine de la Défense et de la sécurité des nations et des peuples, l’adaptation aux risques et menaces implique la recherche permanente de l’efficacité la plus gran-de (capacité d’anticipation, temps de réaction, emploi des moyens, capacité de dissuader, de résister et de durer). La transformation, dans ce sens, c’est la vie... Ainsi de l’Alliance Atlantique qui se dote d’un commandement spécifique “Transformation”, basé à Norfolk, Virginie chargé de traduire dans les faits la nouvelle conception “Fonctionnelle” de la dimension militaire de l’Alliance qui, pour certains alliés, devrait même intégrer la lutte contre le terrorisme... Dans le même sens de coopération très engagé, il faut savoir que la France prépare une force d’action terrestre,basée à Lille, qui complétera les six évoquées plus haut. Sans oublier que l’Eurocorps, basé à Strasbourg, en dépit de son statut militaire différent, est compté par l’OTAN comme l’un de ces commandements. (L’Euro-corps, né en 1992, d’une initiative franco-allemande, comprends maintenant des contingents: belge, danois, luxembourgeois et espagnol). Sans vouloir entrer dans une analyse critique, notons que si tout cela n’est pas l’intégration au sens propre du mot, le rapprochement opéré par la France dans cette phase importante de la vie de l’Alliance contribue à l’efficacité globale... Et c’est fort bien ainsi. PS - Comme chacun ne le sait pas nécessairement, la coopération de la France dans l’Alliance par insertion dans le SACEUR est régie par une série d’accords successifs initiés par le protocole Ailleret-Lemnitzer de 1966, jugé « higly satisfactory » (Général Rogers dixit). Ce dispositif politico-militaire éprouvé n’est en rien un obstacle aux évolutions évoquées plus haut non plus qu’au rôle de la France dans les opérations en Afghanistan et au Kosovo, y compris à l’échelon des commandements opérationnels.
L’une des clés -nombreuses et complexes- du processus de transformation est la constitution de Forces de réaction rapides, réparties entre des commandements régionaux dotés de moyens et de procédures leur permettant de s’adapter pratiquement sans délai à l’obligation de mener des opérations à l’échelle de la brigade jusqu’au corps de l’armée,de 3000 à 300000 hommes, pour donner une idée de la portée du concept.
Et la France, que fait-elle dans cette évolution du système global ?
Sans prétendre à une description exhaustive, il faut savoir que (dixit le Général JONES SACEUR) “Madame ALLIOT-MARIE a été le premier ministre de la Défense à (me) promettre un contingent de 1800 hommes ” destiné à intégrer la Nato Responsive Force en un petit nombre de jours, concept qui a constitué l’une des premières actions du nouveau Commandant Suprême Europe.





