La France dans l’OTAN aujourd’hui
Beaucoup s’interrogent sur la place de la France dans l’OTAN, sur son rôle, sur ses perspectives. Certains n’ont pas compris que le retrait d’une structure militaire intégrée décidée par le Général de Gaulle n’entraînait pas le retrait de l’Alliance Atlantique. Pour y voir plus clair nous avons pensé qu’il fallait s’adresser à celui qui représente la France auprès de l’OTAN, l’Ambassadeur Richard DUQUE, représentant Permanent de la France au Conseil de l’Atlantique Nord. Nous le remercions bien vivement.
Dans son allocution lors de la présentation des vœux du Corps diplomatique, le 10 janvier dernier au Palais de l’Elysée, le Président de la République, Jacques Chirac, a évoqué l’Alliance at-lantique dans les termes suivants: “En novembre, au Sommet de Riga, se tiendra un débat sur la transformation de l’OTAN. Je rappellerai le soutien de la France, qui est l’un de ses tout premiers contributeurs, au rôle fondamental de l’OTAN en tant qu’organisation militaire et garante de la sécurité collective des Alliés, car telle est la légitimité même de l’OTAN”. La France parmi La France, parmi les principaux contributeurs à l’Alliance atlantique? Pour qui n’a pas suivi les évolutions récentes dans les relations entre notre pays et l’OTAN, cette affirmation peut paraître surprenante; elle est pourtant conforme à la réalité. Prenons quelques exemples. Notre participation aux deux opérations majeures de maintien de la paix et de stabilisation actuellement menées par l’OTAN, sous mandat des Nations Unies, la KFOR au Kosovo et la FIAS (Force Internationale d’Assistance à la Sécurité) en Afghanistan, nous place au troisième rang des pays contributeurs de troupes, à un niveau comparable à celui de l’Allemagne et de l’Italie. Nous avons à l’heure actuelle 2 500 personnels déployés au sein de la KFOR et près de 600 au sein de la FIAS. Il y a ainsi plus de soldats français que de soldats américains sous le drapeau de l’OTAN, situation à la fois paradoxale et significative de notre forte visibilité dans l’Alliance. Dans son allocution lors de la présentation des vœux du Corps diplomatique, le 10 janvier dernier au Palais de l’Elysée, le Président de la Ré-publique, Jacques Chirac, a évoqué l’Alliance at-lantique dans les termes suivants: “En novembre, au Sommet de Riga, se tiendra un débat sur la transformation de l’OTAN. Je rappellerai le soutien de la France, qui est l’un de ses tout premiers contributeurs, au rôle fondamental de l’OTAN en tant qu’organisation militaire et garante de la sécurité collective des Alliés, car telle est la légitimité même de l’OTAN”. Prenons quelques exemples. Notre participation aux deux opérations majeures de maintien de la paix et de stabilisation actuellement menées par l’OTAN, sous mandat des Nations Unies, la KFOR au Kosovo et la FIAS (Force Internationale d’Assistance à la Sécurité) en Afghanistan, nous place au troisième rang des pays contributeurs de troupes, à un niveau comparable à celui de l’Allemagne et de l’Italie. Nous avons à l’heure actuelle 2 500 personnels déployés au sein de la KFOR et près de 600 au sein de la FIAS. Il y a ainsi plus de soldats français que de soldats américains sous le drapeau de l’OTAN, situation à la fois paradoxale et significative de notre forte visibilité dans l’Alliance. Dans les états-majors de l’Alliance, on ne tarit pas d’éloges sur la compétence, le professionnalisme et le dévouement de nos officiers, sous-officiers et soldats. En Afghanistan, nous nous apprêtons à renforcer l’été prochain notre dispositif dans le secteur de Kaboul dont nous prendrons le commandement, en alternance avec les Italiens et les Turcs. Pourquoi soutenons-nous depuis l’origine, le projet de NRF de l’OTAN? Plusieurs considérations entrent en ligne de compte. Il s’agit d’abord pour les Alliés de se doter d’un dispositif plus réactif, capable de déployer, à bref délai, des moyens d’action conséquents, sur décision du Conseil de l’Atlantique Nord. Il s’agit ensuite d’assurer la pleine interopérabilité de nos forces, c’est-à-dire leur capacité d’agir avec nos Alliés sans contrainte technique dans l’exécution de leur mission. Il s’agit enfin de garantir notre savoir-faire dans la conduite des opérations multinationales. Dans le contexte stratégique où elles évoluent, il est clair que nos forces armées sont amenées à travailler de plus en plus en commun avec nos partenaires de l’OTAN et de l’Union européenne. Elles se modernisent, s’organisent et s’entraînent dans cette perspective. La présence de nos forces dans la NRF atteste qu’elles ont atteint les standards les plus exigeants. Bien que la France ne finance pas l’ensemble des programmes, elle est devenue le quatrième contributeur aux budgets de l’OTAN, derrière les Etats-Unis, l’Allemagne et le Royaume-Uni. La part française a représenté en 2005, 131 millions d’euros, soit près de 8 % des dépenses de l’Alliance. En effet, pour accompagner le rapprochement de nos forces armées et de l’OTAN dans le cadre de la NRF, nous avons été conduits à détacher auprès des commandements alliés une centaine d’officiers, dont deux officiers généraux, dans des fonctions soigneusement choisies et compatibles avec notre position spécifique dans l’Alliance. Précisément, ce rapprochement ne met-il pas en cause la singularité de la France au sein de l’OTAN depuis la décision prise en 1966 par le général de Gaulle, au nom de l’indépendance nationale, de nous retirer de l’intégration militaire? Il n’en est rien, car nous restons en dehors du processus de planification de défense, apanage du comité des plans de défense où nous ne siégeons pas. A vrai dire, en raison de l’évolution de l’environnement stratégique et de l’engagement de l’Alliance dans des missions de gestion de crise, la planification de défense relève d’une conception largement dépassée. Telle est, dans ses grandes lignes, la contribution que nous apportons actuellement à l’Alliance. Mais quelle Alliance ? La question n’est pas rhétorique. La défense collective, prévue depuis 1949, par l’article 5 du Traité de Washington, demeure en effet le fondement de l’Alliance atlantique. La solidarité qui lie les Alliés reflète les valeurs essentielles de démocratie et de liberté qu’ils ont en commun. L’accent que nous mettons sur le rôle militaire de l’OTAN - qu’il s’agisse de la défense des Alliés ou de la gestion militaire de crise sous mandat du Conseil de Sécurité de l’ONU - nous a conduit à soutenir les efforts de transformation entrepris depuis le Sommet de Prague. Améliorer la capacité des forces alliées à agir vite et loin est un objectif auquel nous adhérons et que nous mettons en œuvre dans le cadre de la modernisation de nos armées. Nous veillons cependant à ce que la transformation de l’OTAN n’entraîne pas une dérive incontrôlable de ses finances, prenne en compte une répartition équilibrée des charges entre Alliés et ne porte pas atteinte aux ambitions légitimes de l’Union Européenne. Cependant, notre conception de l’Alliance, centrée sur sa fonction de défense et de sécurité, est considérée comme trop restrictive dans certains cercles atlantistes qui préconisent une vision plus large, celle d’une “OTAN globale”. Ces idées trouvent un écho à Washington et dans d’autres capitales alliées. Dans l’esprit de ses promoteurs, une “OTAN globale” doit s’étendre constamment, géographiquement et fonctionnellement. Nous sommes bien conscients que des pays des Balkans et d’Europe orientale souhaitent devenir membres de l’Alliance. Chaque candidature sera évaluée en fonction des critères définis par les Alliés. Nous savons aussi que l’Alliance continuera de renforcer les différents partenariats établis à sa périphérie. Mais est-il pour autant de l’intérêt des Alliés de promouvoir, à l’échelle mondiale, une “Alliance des démocraties”? Nous ne le pensons pas, car une telle démarche risquerait d’accentuer les fractures qui rendent déjà le monde actuel si dangereux. L’Alliance n’a rien à gagner à être perçue comme un instrument d’exportation de la démocratie à la pointe du fusil. Certains Alliés considèrent par exemple qu’en ma-tière de gestion de crise, l’OTAN devrait s’affranchir de ses tâches purement militaires et prendre en comp-te des fonctions dans des domaines civils comme la police, l’Etat de droit ou la reconstruction économique. Or, l’Alliance n’a pas de compétences dans ces domaines qui sont du ressort d’autres organisations internationales, notamment l’ONU. A vouloir trop étendre son rôle, l’OTAN risque de se disperser, de porter atteinte à sa crédibilité, et, en fin de compte, de s’affaiblir. Le Secrétaire général de l’Alliance, M. Jaap de Hoop Scheffer, dit souvent que l’OTAN ne doit pas devenir une mini-ONU, ni se transformer en “gendarme du monde”. Il a cent fois raison. L’OTAN doit concentrer son attention et ses efforts sur les priorités actuelles que sont l’Afghanistan et le Kosovo. Réussir ces deux opérations de stabilisation, dans les conditions difficiles que l’on sait, est le meilleur service que l’OTAN peut rendre à la communauté internationale. Revenons à l’allocution du Chef de l’Etat devant le corps diplomatique le 10 janvier 2006. Lorsqu’il définit le rôle de l’OTAN, le Président de la République prend soin de souligner “qu’une Europe de la défense plus forte contribue au renforcement de l’Alliance atlantique”. En effet, nous ne raisonnons pas en termes de concurrence entre l’OTAN et l’Union Européenne, mais en termes de complémentarité. La politique européenne de sécurité et de défense (PESD) a déjà beaucoup progressé. Elle franchira en 2006 de nouvelles étapes: force de gendarmerie européenne, groupements tactiques 1500, cellule de planification et de conduite des opérations. Enfin, il ne faut pas perdre de vue que l’Alliance atlantique possède une dimension parlementaire. Comment pourrait-il en être autrement s’agissant d’une organisation fondée sur les valeurs démocratiques? Dans ce domaine aussi, la France est particulièrement active puisque Pierre Lellouche préside actuellement, avec dynamisme, l’Assemblée parlementaire de l’OTAN qui tiendra session à Paris à la fin du mois de mai. Tel est, rapidement brossé, le tableau des relations de la France avec l’OTAN à l’heure actuelle. Peu de Français sont conscients de ce que représente notre engagement dans l’Alliance atlantique. Aussi, l’effort d’information entrepris par l’Association Française pour la Communauté Atlantique est-il particulièrement bienvenu.
les principaux contributeurs
à l’Alliance Atlantique
La France, parmi les principaux contributeurs à l’Alliance atlantique? Pour qui n’a pas suivi les évolutions récentes dans les relations entre notre pays et l’OTAN, cette affirmation peut paraître surprenante; elle est pourtant conforme à la réalité.
Notre engagement dans les opérations alliées est remarquable non seulement par les effectifs mis à disposition par nos armées, mais aussi par les responsabilités exercées. Deux officiers généraux français ont récemment assuré le commandement des forces de l’OTAN: en Afghanistan, le général Py, et au Kosovo, le général de Kermabon.
Autre exemple marquant de notre présence dans l’OTAN: la NRF (Nato Response Force). Cette force interarmées, dont la création a été décidée au Som-met de Prague en novembre 2002, permettra à l’O-TAN de déployer jusqu’à 25 000 hommes, dans des délais très courts, de 5 à 30 jours. Fer de lance de l’OTAN, mettant en œuvre des technologies de poin-te, la NRF a vocation à engager, sur un théâtre d’opérations, des forces terrestres, aériennes et maritimes mises à disposition par les Alliés. La NRF doit être déclarée pleinement opérationnelle en octobre 2006, après un exercice d’envergure prévu en juin prochain dans les îles du Cap-Vert. Des éléments de cette force ont récemment été utilisés, dans une situation très particulière d’urgence humanitaire, pour contribuer aux efforts internationaux d’aide au Pakistan à la suite du tremblement de terre qui a très durement frappé la province du Cachemire le 8 octobre dernier. La France a participé à cette opération de secours au Pakistan, notamment dans sa composante aérienne qui s’est révélée l’une des plus utiles. Toujours au sujet de la NRF, il convient de rappeler que nous jouerons un rôle clé au sein de sa composante terre en juillet 2006 à travers la Brigade franco-allemande du Corps européen et que nous sommes en train de mettre en place à Lille le quartier général du Corps de réaction rapide France qui nous donnera une capacité de commandement d’opérations multinationales au niveau du corps d’armée. Cet état-major pourra fonctionner dans le cadre de la NRF de l’OTAN, comme au profit de l’Union européenne, ou bien entendu à titre national. A l’occasion de la création du Corps de réaction rapide et du Quartier général multinational de Lille, le 1er octobre 2005, le Chef d’état-major des Armées, le Général Henri Bentégeat, a souligné “la révolution militaire” que représente la mise en place d’outils destinés à renforcer nos capacités d’action commune.
Le renforcement de notre position dans l’Alliance a naturellement entraîné des conséquences financières. Notre participation aux différents budgets de l’OTAN a augmenté sensiblement au cours des trois dernières années, surtout en ce qui concerne les budgets militaires de fonctionnement et d’investissement.
Pour avoir une vue globale du coût de notre participation, il faudrait ajouter les 210 millions d’euros inscrits à notre budget national pour financer les opérations au Kosovo et en Afghanistan, et couvrir le coût des représentations civiles et militaires françaises au sein des structures de l’Alliance, y compris les commandements.
D’ailleurs, contrairement à ce que l’on pouvait observer du temps de la guerre froide, la question d’une réintégration de la France n’est plus posée par nos Alliés. Aucune pression ne s’exerce sur nous dans ce sens.
En réalité, notre situation particulière ne nous empêche nullement de coopérer avec nos Alliés, dans les opérations en cours ou dans le projet de la NRF, dans des conditions dont nous gardons la maîtrise et dans le respect de nos principes politiques. Il en résulte que nous nous sentons tout à fait à l’aise au sein de l’OTAN et que les efforts considérables que nous y déployons sont appréciés à leur juste valeur.
En effet un débat est ouvert sur le rôle de l’OTAN dans le système international. Pour la France, les choses sont claires. Notre ministre des Affaires étrangères, M. Philippe Douste-Blazy, et notre ministre de la Défense, Mme Michèle Alliot-Marie, au cours de leurs rencontres régulières avec leurs homologues de l’Al-liance, ne manquent pas de souligner la vocation militaire de l’OTAN.
L’article 5 a été mis en vigueur pour la première fois après les agressions terroristes qui ont frappé les Etats-Unis le 11 septembre 2001 à New York et à Washington.
L’ambition d’une “OTAN globale” s’applique aussi aux tâches que celle-ci
serait amenée à remplir.
Nous veillons constamment à ce que l’Union Européenne dispose de l’espace nécessaire pour réaliser ses légitimes ambitions en matière de sécurité et de défense. Le développement de ses capacités militaires s’impose pour faire de l’Union un acteur de premier plan sur la scène internationale.
Pas à pas, l’Union Européenne se dote des outils et des capacités lui permettant d’agir de manière autonome ou en partenariat avec l’OTAN, comme elle le fait actuellement en Bosnie-Herzégovine dans le cadre des accords dits de “ Berlin Plus”.





