La France dans l'Otan: la défense de ses valeurs,le choix de ses intérêts
La France dans l'Otan: la défense de ses valeurs,le choix de ses intérêts. Par Jean-Jacques Curiel, Secrétaire Général adjoint de l'AFCA
Aux esprits chagrins qui condamnent par esprit partisan ou calcul politicien la réintégration de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, à ceux qui doutent ou redoutent en toute bonne foi la perte de son identité et de son indépendance et dénoncent l’alignement de notre politique sur celle des Etats-Unis; à ceux de nos compatriotes - et en général se sont les mêmes - qui militent contre l’OTAN et contre l’Europe et prônent le repli sur soi; enfin à ceux d’entre eux qui craignent un regain d’attentats terroristes sur notre sol, il convient de rappeler quelques réalités en tenant compte de leurs inquiétudes légitimes, pour peu que celles-ci ne soient pas portées par des considérations démagogiques. Aux premiers, il convient de rappeler que la France quatrième contributeur en hommes et en financement de l’OTAN, contrairement à une fausse idée, ne l’avait jamais quittée. Notre pays a toujours manifesté sa solidarité atlantique aussi bien à l’époque de la guerre froide -maintenant même ses forces stationnées alors en République Fédérale d’Allemagne sous contrôle opérationnel de l’OTAN - que récemment au Kosovo ou actuellement en Afghanistan où des généraux français ont commandé des opérations de l’alliance. Cette réintégration de la France au sein du commandement militaire de l’Alliance atlantique, voulue par le Président Nicolas Sarkozy, permettra aussi à notre pays de peser sur les décisions stratégiques. A ceux qui craignent la perte d’indépendance, rassurons-les car à l’OTAN les décisions s’imposent par consensus et à l’unanimité. La France conservera donc toujours son libre arbitre pour participer ou non à une opération militaire. La France n’ayant de surcroit pas réintégré le comité Otan des plans nucléaires, notre statut de puissance nucléaire n’est donc nullement remis en cause. A ceux qui militent pour le repli sur soi, il suffit de les convaincre de s’apercevoir que le monde a évolué, s’est transformé. La chute du Mur de Berlin en novembre 1989 et les attentats de El Quaida du 11 septembre 2001 y ont largement contribué. La réponse à apporter aux menaces terroristes relevant souvent d’un islamisme intégriste qui dévoie l’Islam, à l’émergence de nouvelles criminalités liées à la technologie ou au piratage maritime, à l’apparition de conflits de plus en plus complexes et de moins en moins prévisibles et à l’existence de risques dus au réchauffement climatique et à la pénurie d’eau, ne peut se concevoir que dans la solidarité et la fidélité de nos alliances. La France pour agir, peser et jouer un rôle déterminant sur la scène internationale a besoin d’une tribune, d’une instance pour convaincre ses alliés. Et l’OTAN, comme l’ONU, ou l’Union Européenne en est une. Enfin, à ceux qui ont peur d’un regain d’attentats sur notre territoire en raison de nos engagements , méditons avec eux sur les leçons de l’Histoire et d’un passé assez récent encore, dont Munich en 1938 fut l’un des funestes avatars. La capitulation, la frilosité, le recul, la compromission ont toujours été considérés comme une marque de faiblesse fatale et exploitée comme telle par les tyrans et les dictateurs. S’engager en Afghanistan, c’est se battre pour la liberté, les droits de l’homme et de la femme, la-bas et la sécurité chez nous . La solidarité de nos démocraties , la défense des valeurs qui fondent notre socle commun, le nécessaire recours à la force juste - tant à des fins militaires qu’humanitaires - sont la réponse, ferme et responsable à opposer à ceux qui érigent le terrorisme en doctrine politique, véhiculant ainsi violence, haine et désolation. La France dans l’OTAN , fidèle à sa vocation, à ses principes, à son rôle, à ses obligations et à ses responsabilités saura y prendre toute sa place.





