La France prend le commandement stratégique de l’OTAN
Pour la première fois cet été, un Européen, qui plus est un Français, s’est vu confier un commandement stratégique de l’OTAN. Ce fait a retenu à juste titre l’attention de nombreux observateurs, car c’est une étape inédite pour l’Alliance atlantique. Malgré les défis auxquels celle-ci est aujourd’hui confrontée, c’est pour elle un signe fort, riche d’une grande portée symbolique.
Mais au-delà du symbole, le Commandement allié Transformation (ACT), qui m’a été confié à Norfolk le 9 septembre dernier, pèse d’un vrai poids, et, selon les mots du Secrétaire Général Rasmussen, devrait peser davantage encore à l’avenir. Pourquoi alors sa mission est-elle parfois peu comprise ? Sans doute le terme Transformation intimide-t-il. Pourtant, notre objectif est simple : contribuer à ce que notre alliance dispose des capacités qui lui sont nécessaires. Ses troupes doivent être bien équipées et bien entraînées, aptes à être déployées, le tout à un prix acceptable.
Le rôle d’ACT peut ainsi se résumer en deux mots : aujourd’hui et demain.
L’ « aujourd’hui », pour mon commandement, c’est au premier chef le soutien aux opérations en cours. Si la responsabilité directe en incombe au Commandement allié Opérations, l’autre état-major stratégique de l’OTAN, ACT n’est pour sa part jamais loin. Nous pilotons la formation des états-majors intégrés, notamment celui de l’ISAF à Kaboul, avant leur déploiement, et nous participons à celle des forces de sécurité afghanes. Nous avons aussi à notre charge le « retour d’expérience » : il nous revient de tirer les leçons des opérations en cours pour les appliquer d’abord à ces mêmes opérations - par exemple en trouvant des parades à la menace posée par les engins explosifs improvisés - mais aussi aux engagements à venir.
Ce qui m’amène au deuxième pôle de notre mission : « demain ». La Transformation consiste à nous adapter pour nous permettre d’être mieux à même de faire face aux menaces futures. Cela ne s’improvise pas. Les doctrines doivent être constamment adaptées pour répondre aux menaces émergentes, telles que des attaques biologiques, l’utilisation militaire de l’espace ou des cyber-attaques. Et les équipements dont nos forces pourront disposer après-demain doivent être pensés dès aujourd’hui.
En outre, dans l’année qui s’ouvre, la réflexion ira plus loin encore. L’Alliance s’est en effet attelée à la définition d’un nouveau Concept stratégique, l’actuel datant de 1999. Ce document de première importance définira ce que sera l’OTAN dans les années à venir. Et ACT, tourné par nature vers l’avenir, joue déjà un rôle actif dans son élaboration.
C’est donc, à travers le poste de commandant de la Transformation, une importante responsabilité qui a été confiée à notre pays et à l’Europe. Je devine et je partage la fierté que doivent éprouver devant ces évolutions exaltantes les adhérents et amis de l’Association française pour la Communauté atlantique.
Commandant suprême allié Transformation





