La troisième dimension de l'OTAN
Née militaire et politique, l’Alliance s’est donné une troisième dimension dès 1958 en créant une fonction scientifique confiée à un Assistant Secrétaire Général. L’un des premiers titulaires du poste fut le Professeur Durand, éminent physicien français - et membre du Comité directeur de l’A.F.C.A.
Il ne faut pas rêver, ni se tromper : le rôle de l’OTAN dans le domaine scientifique (recherche, enseignement, technologies, coopérations internationales) est secondaire par rapport aux buts fondamentaux de l’Alliance et « coincé » entre les Nations ( programmes nationaux exclusifs ou coopérations multinationales ). Pour autant, la troisième dimension n’est pas un leurre ni un gadget. Son budget et ses moyens humains, maintenus à travers le temps, montrent que l’idée de départ s’est traduite par des opérations réelles, mesurables et efficaces et par un recours à un vaste éventail de disciplines scientifiques. Exemple de l’un des champs d’action : nature et moyens de défense contre le terrorisme, réflexion et recherche sur les autres menaces contre la sécurité des membres de l’Alliance, état des connaissances et des pratiques des pays du Partenariat et des pays candidats, ensemble d’activités réunies dans le programme « Sécurité par la science ». Théorie et méthodes d’analyse des risques, état et rôle des sciences sociales dans la capacité de résistance au terrorisme, aide à la mise en place de coopérations scientifiques interrégionales, aides spécifiques à des chercheurs et / ou doctorants dans les disciplines concernées, telles sont quelques unes des directions dans lesquelles s’applique l’activité des responsables de la troisième dimension. Le cadre dans lequel s’inscrit cette activité est constitué par des groupes de coopération structurels et -ou - volontaires, selon des orientations proposées et une management assuré par l’OTAN, par des méthodes souples et évolutives, tenant compte des réalités de terrain ( dialogue méditerranéen, nouveaux membres et /ou membres du Partenariat, coopération OTAN - Russie, Ukraine, etc...). Bilan : entre 2000 et 2004, 26 réunions plénières des représentants des nations à Bruxelles ou dans les pays membres - ou non membres - tel Israël dans le cadre du dialogue méditerranéen - 330 conférences et /ou séminaires thématiques, près de 1000 participants de haut niveau, experts et « sachants », doctorants, universitaires... etc... Je me souviens d’une réflexion d’un délégué de l’Est, il y a trois ans à Edimbourg : « Evidemment on n’aurait pas pu imaginer un truc comme çà dans le Pacte de Varsovie ». François Moreau de Balasy
Quels sont les principaux domaines d’action - qui évidemment excluent les coopérations strictement militaires tels que l’armement et les équipements de toutes sortes ?
Président d’honneur de l’ A.F.C.A





