l'Afghanistan : On ne peut sortir de cette guerre par le militaire
La Voix du Nord du 31 octobre 2008 : "Pierre Lellouche, coauteur d'un rapport parlementaire : On ne peut sortir de cette guerre par le militaire".
Comme l'indique cette citation d'un titre de "la Voix du Nord", notre ami Pierre Lellouche, député UMP et François Lamy, député socialiste ont été chargés par la Commission de la défense de l'Assemblée Nationale d'une mission d'un an sur l'Afghanistan. Ils ont effectué un premier voyage en Afghanistan, pour examiner la situation sur place,y compris celle des contingents français, du 27 septembre au 2 octobre et ils viennent de remettre à l'Assemblée un premier rapport d'étape. Ce rapport montre que de grands progrès sont intervenus notamment sur le plan de la création des institutions afghanes, notamment la tenue des élections présidentielles et législatives, la participation pour la première fois des femmes à la vie politique (28 % des parlementaires sont des femmes ). Progrès sur le plan de la liberté d'information (300 journaux ont été lancés, 90 stations de radio et 14 de télévision), progrès aussi sur le plan de la santé ( 83 % des Afghans ont aujourd'hui accès à des soins et la mortalité infantile a baissé de 26 %) sur le plan de l'enseignement qui s'est largement étendu, (six millions d'enfants scolarisés dont 2,5 millions de filles alors qu'en 2001 il n'y avait que 900 000 garçons scolarisés). L'Armée Afghane a poursuivi sa modernisation et elle est aujourd'hui forte de 63 000 hommes. Elle paie un lourd tribu face aux insurgés. Face à ses éléments positifs, on constate depuis 2004/2005 une dégradation de la situation sécuritaire et une poussée des talibans qui ont progressivement recouvré leurs forces et, s'ils ne peuvent l'emporter militairement sont en mesure de maintenir un climat d'insécurité dans certaines régions du pays. Les autorités afghanes manquent des moyens nécessaires pour faire face à cette poussée. Les rapporteurs écrivent à ce sujet :"Il convient de souligne que, sur le plan militaire, la guerre en Afghanistan peut êtr caractérisée comme une impasse. En effet, si de son c√¥té la coalition empêche les Talibans et leurs alliés de reprendre le pouvoir à Kaboul, elle ne parvient pas d'un autre c√¥té à réduire la pression d es insurgés, ceux -ci conservant même l'initiative militaire, forts de leur expérience guerrière et tactique.¬†¬ª Les rapporteurs rappellent que deux opérations conjointes sont conduites en Afghanistan : l'opération "Liberté immuable" (Operation Enduring Freedom) conduite sous la seule direction des Etats Unis qui mobilise 13 700 personnels (dont 12 000 soldats américains) et la Force Internationale d'Assistance à la Sécurité (FIAS) mandatée par l'ONU et dont les forces s'élèvent à 48 400 hommes issus de 39 pays dont 18 200 soldats américains. L'ensemble du contingent français est proche de 3500 hommes. Rappelons que le nombre des insurgés serait de l'ordre de 25 000 hommes. MM. Lellouche et Lamy estiment qu'il est nécessaire"qu'un large consensus se rétablisse au sein du peuple afghan sur ce que doit être la vie politique et institutionnelle du pays. Ainsi, il n'y a pas de solution viable sans un dialogue politique de de fond, , à tous les niveaux, entre tous les groupes politiques. Le ralliement aux institutions en place, c'est à dire au jeu politique, des groupes insurgés doit être absolument recherché". Le président Karzaï, que les rapporteurs ont rencontré à dit son attachement à une solution politique. Il apparaît aussi qu'aucune solution n'est possible sans impliquer davantage le Pakistan. Dans sa conclusion personnelle, Pierre Lellouche, considère que nos armées mènent en Afghanistan une guerre de "contre insurrection" et que "dans ce contexte, la durée constitue un élément clef pour la réussite de nos actions". Dans l'immédiat, les rapporteurs appellent les autorités françaises à "se mobiliser au côtés du peuple afghan pour prévenir la famine qui menace le pays".
Les rapporteurs font état d'une désillusion croissante de la population afghane. Ils abordent aussi le problème de la drogue. La production de pavot afghan assurerait 93 % de la consommation mondiale d' héro√Øne. Les laboratoires se trouveraient en zone insurgée. La drogue assurerait une grande partie le financement des insurgés.





