Mur de Berlin: l'AFCA y était (ou presque)
Au siècle dernier, notre très regretté Vice-président, l'Ambassadeur Francis Lacoste et moi avions de longue date préparé un petit dégagement de quelques membres de l'AFCA et d'auditeurs de l'institut des Hautes Etudes de Défense Nationale à Berlin. L'Ambassadeur Jean Béliard, Secrétaire Général de l'ATA, avait eu l'obligeance de ménager pour nous un dîner informel à l'Ambassade de France en RDA à Berlin.
Nous y voilà un dimanche soir de fin octobre. Check Point Charlie: traitement de faveur, une heure seulement de tracasseries administratives bougonne. réception ultra sympathique de Mme Joelle Timsit, ambassadeur. Plusieurs journalistes français, en poste ou de passage, dont J.P Picaper discrètement sceptique, plus quelques intellectuels est-berlinois réputés vaguement esprits libres.
On mondanise. La foule énorme et frémissant et les milliers de quintets sur Alexanderplatz que nous venons de traverser lentement? Rien de bien grave.
Les dirigeants ont compris, on comprend qu'ils ont compris, tout se calmera. Le flux irrépressible vers la Hongrie? Ils reviendront chez eux, Gorbatchev fera comprendre aux successeurs de Honnecker, à travers cet épisode, ce qu'il ne faut plus faire. Et surtout, tout cela lui facilitera la tâche pour négocier d'égal avec l'Ouest.
Ainsi causaient ces esprits libres, sans en penser un seul mot.
Le 9 novembre les portes s'ouvraient. Certes l'AFCA n'y était pour rien. Mais c'est un bon souvenir à évoquer, vingt ans après, notamment pour expliquer aux enfants des écoles que la prévision est un art difficile et que ce qui doit arriver arrive.





