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Pourquoi la France peut-elle être, elle aussi, satisfaite?

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Les 28 et 29 novembre, les chefs d’état et de gouvernement des 26 pays membres de l’OTAN se sont réunis à Riga pour discuter de l’agenda actuel et du futur de l’Organisation. Ce sommet a abordé, pour la première fois à 26, des sujets capitaux pour le futur de l’OTAN: le processus de transformation, les opérations et missions courantes, la coopération de l’Alliance avec des pays partenaires et tiers et son élargissement. Un sujet a cependant manifestement éclipsé les autres thèmes de l’ordre du jour: l’Afghanistan.

Pourquoi la France peut-elle être, elle aussi, satisfaite?

Sommet de Riga

En effet, engagée depuis 2003 en Afghanistan, l’OTAN joue sa crédibilité dans la réussite de sa mission, première mission hors de sa zone géographique traditionnelle. Et c’est sur ce point, en particulier, que Paris a pu s’imposer. 

Sur les trois points abordés sous le chapeau Afghanistan, le Président Chirac a maintenu trois positions de principe. 

Premièrement, quant au manque d’effectifs sur le terrain. Actuellement, 32000 soldats représentant 37 pays sont placés sous le commandement de l’OTAN en Afghanistan - dans le cadre de la FIAS (Force Internationale d’Assistance et de Sécurité) A l’ouverture du sommet, G.W. Bush a demandé aux Alliés d’augmenter leurs participations. Directement sollicitées, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et la France n’ont pas répondu
favorablement. 

Deuxièmement vis-à-vis du mandat des troupes. Le contingent français est cantonné à opérer à Kaboul et Paris était très réticent à envoyer ses troupes dans le sud et l’est du pays. La France a cependant compris la nécessité d’envoyer des troupes, à lever ses caveats et à contribuer plus largement à l’entraînement de l’armée afghane(1). Ceci implique désormais qu’en situation de crise intense, les soldats français pourraient être envoyés dans le sud ou l’est du pays afin d’aider les autres contingents alliés. En terme d’effectif, cette décision contraint la France à envoyer 1100 hommes supplémentaires et de mettre à disposition des éléments aériens supplémentaires (deux hélicoptères Cougar et trois Mirage 2000 jusqu’ici basés au Tadjikistan, qui resteraient à Douchanbé et qui pourraient être rejoints par des Rafales au cours du deuxième trimestre 2007). Mais est-ce que, sur ce point, Paris aurait vraiment cédé? Sur la forme oui, mais sur le fond rien n’est moins sûr. Ce déploiement aérien supplémentaire est, par ailleurs, une avancée puisqu’il engagerait pour la première fois les Rafale dans une opération extérieure. Concernant les hommes, la réponse mérite également d’être nuancée puisque Paris se réserve le droit de décider au cas par cas de l’opportunité de l’envoi de ses troupes en renfort. 

Troisièmement, concernant le caractère politique et diplomatique de l’OTAN et de sa mission en Afghanistan. Paris, en proposant la création d’un groupe de contact comparable au groupe de Minsk ou groupe de contact du Kosovo a subtilement réaffirmé sa vision européenne de la sécurité et a réaffirmé que la FIAS avait un mandat différent de l’Opération Enduring Freedom menée par les Etats- Unis. En effet, en demandant plus de troupes pour intervenir notamment dans le sud et l’est du pays, en demandant de lever les caveats, Washington et Londres ne souhaitaient-elles pas rapprocher le rôle de la FIAS de celui d’Enduring Freedom? Or les mandats de ces deux opérations sont différents. 

Cette proposition adoptée par les 26 montre que la France, souvent critiquée au sein de l’OTAN, a émis une idée novatrice et a tiré les leçons du Kosovo. 
Enfin, en proposant d’inclure des pays voisins de l’Afghanistan et notamment l’Iran, la France a accru les tensions existantes entre elle et les Etats-Unis, elle a certainement fait part de sa volonté de favoriser le dialogue politique avec Téhéran, de donner, par ce biais, un rôle politique sur la scène internationale à l’Iran (déjà évoqué pour tenter de résoudre la guerre de juillet 2006 entre Israël et le Liban) et a surtout démontré qu’une telle crise, comme celle qui secoue l’Afghanistan ne peut se résoudre sans prendre en compte les acteurs régionaux et les pays voisins. 

Si les Etats-Unis se disent très satisfaits de ce sommet (cf. déclarations faites dans la presse et par les Représentants américains lors des assemblées générales de l’ATA et du YATA dont celle notamment de l’Ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’OTAN), la France peut, elle aussi, se déclarer satisfaite du sommet de l’OTAN et notamment sur le dossier Afghanistan. 
Cependant, le dossier afghan ne doit pas occulter que la France a fait certaines concessions(2) sur des dossiers importants; dossiers qui semblent pourtant être de second plan selon les médias. 

Il importe néanmoins de rappeler que Paris a surtout su se placer dans la continuité du dialogue politique du sommet de Bruxelles de février 2005 et, avec d’autres Alliés, à recentrer l’Alliance dans son rôle militaire.

 

Bénédicte BOREL
Présidente de YATA - France

 

 

(1) En visite en Afghanistan le 17 décembre, le ministre de la Défense a annoncé le retrait, en janvier prochain, de 200 Forces spéciales qui opéraient sous commandement américain (proche de la frontière avec le Pakistan). La France prévoit de lancer un programme de formation des forces spéciales afghanes. 

(2) Place de l’Union européenne dans le Communiqué, financement commun de la NRF, transformation, concernant l’adhésion de la Bosnie Herzégovine, du Monténégro et de la Serbie au Partenariat pour la Paix avant que les criminels de guerre ne soient livrés au Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie et sur le développement d’une politique de l’OTAN sur l’énergie.

 

 

LES  DECISIONS  PRATIQUES   APRES  LE  SOMMET  DE  RIGA DE NOUVELLES ADHESIONS A L’OTAN

 

Les Chefs d’Etat et de gouvernement de l’OTAN ont déclaré que, lors du prochain sommet, en 2008,

l’Alliance prévoyait d’inviter d’autres pays à rejoindre l’ Alliance. Il s’agit de l’Albanie, de la Croatie et de l’ex-République yougoslave de Macédoine.

« Nous avons envoyé un signal clair aux pays qui participent au Plan d’action pour l’adhésion: à notre prochain sommet, en 2008, les pays qui satisferont aux normes de l’OTAN seront invités à adhérer à l’Organisation » a déclaré Jaap de Hoop Scheffer, Secrétaire Général de l‘OTAN.

 

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