Riga : un sommet utile
On ne s’attendait pas à des miracles au sommet de l‘OTAN à Riga, les 28 et 29 novembre 2006, ni à un affrontement public entre les deux conceptions de l’avenir de l’Alliance qui étaient incarnées l’une par les Etats-Unis, souhaitant un rassemblement des démocraties autour de l’OTAN (une sorte mini ONU des gens fréquentables) et l’autre par la France qui souhaitait maintenir prioritairement le caractère militaire de l’Alliance et si possible ne pas s’éloigner trop de son cadre géographique statutaire.
Ravitaillement en vol d’un F-16 des forces aériennes belges par un Boeing C-135 FR du GRV “Bretagne” du Commandement des forces aériennes stratégiques.
Les discussions sérieuses eurent probablement lieu en coulisses, mais les 26 pays membres de l’Alliance adoptèrent une déclaration qui exprimait un consensus pour des modifications modestes mais non négligeables. Dans ce numéro de France - Alliance Atlantique Bénédicte Borel expliquera pour quoi la France n’a pas à être mécontente des décisions prises. Ne minimisons pas trop cette déclaration qui s’étale sur 13 pages et comprend 46 petits chapitres.
Elle rappelle l’accord des 26 Chefs d’Etat et de gouvernement sur le fait que « Le principe de l’indivisibilité de la sécurité des Alliés est fondamental, et notre solidarité nous donne la force de relever ensemble de nouveaux défis » et elle reconnaît que « Le rôle vital de l’OTAN en tant que forum essentiel de consultation sur la sécurité entre les Alliés nord-américains et européens n’en a que plus de prix. »
Actuellement l’OTAN intervient de l’Afghanistan aux Balkans et de la Méditerranée au Darfour, « dans le cadre de six missions et opérations très difficiles dans trois régions géographiques » et la déclaration rend hommage « au sens du devoir des quelques cinquante mille femmes et hommes de pays alliés et d’autres pays qui oeuvrent à ces tâches ».
Il est clair que l’élément le plus important et le plus préoccupant est l’Afghanistan. La situation y est incertaine, les talibans n’ont pas disparu et l’armée et la police afghane n’atteignent pas le niveau nécessaire pour faire face. L’OTAN agit en Afghanistan par l’intermédiaire de la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité qui contrôle la capitale, Kaboul et une partie du nord du pays tandis qu’agit dans le reste du pays une coalition initiée par les Etats Unis.
Il faudrait renforcer les forces alliées mais la plupart des pays participants ne sont guère favorables à envoyer de nouvelles troupes. Aussi a-t-on autorisé les forces de la FIAS à intervenir au Sud si le besoin urgent s’en faisait sentir.
Un effort particulier va être fait pour améliorer la formation de l’armée afghane et de la police du pays. Le but est de renforcer l’Etat afghan et la démocratie naissante et aussi de reconquérir psychologiquement le pays. Nous en sommes loin.
Au Kosovo l’avenir dépendra des décisions politiques qui seront prises et qui n’apparaissent pas d’une manière évidente entre une Serbie qui ne veut pas renoncer à ses droits historiques et une population kossovare en majorité albanaise qui veut l’indépendance du Kosovo.
Au cours du Sommet, les dirigeants de l’Alliance ont décidé de développer les programmes de de coopération du Partenariat pour la Paix, du Dialogue Méditerranéen et de l’Initiative de coopération d’Is-tanbul. Après avoir examiné la situation critique du Darfour, ils se sont réjouis que la Force de réaction de l’OTAN (NRF) ait atteint sa capacité opérationnelle finale.
Enfin, ils se sont montrés satisfaits de l’évolution de l’Albanie, de la Croatie et de la Macédoine dans la perspective d’un élargissement de l’OTAN et évoqués l’approfondissement de la coopération avec la Bosnie Herzégovine, la Serbie et bientôt le Mon-ténégro.
L’ OTAN va de l’avant, doucement.
Président de l’AFCA





