Un sommet crucial pour la sécurité des démocraties.
Les 3 et 4 avril se tiendra à Strasbourg, Khel, et Baden-Baden le sommet anniversaire des 60 ans de paix en Europe grâce à la signature du Traité de l’Atlantique Nord, créant l’OTAN. Il consacrera la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’Alliance Atlantique.
Il sera fondateur à d’autres titres. Il va permettre de dévoiler et exprimer la nouvelle doctrine de l’Alliance et la définition de ses nouvelles tâches. Si d’aucuns feignent d’en ignorer les contours et jouent la surprise voire l’indignation il est clair que la cause est entendue et l’on ne peut que s’en réjouir. La réaction de François Bayrou serait de loin la plus surprenante, si ses mobiles n’en étaient pas cousus de fil blanc dans la mesure où il est issu de la famille politique française la plus fidèlement atlantiste, depuis la 2ème Guerre Mondiale. Les socialistes, en tout cas ceux qui sont le moins susceptibles de revenir aux affaires adoptent la même posture, tout occupés qu’ils sont à courir après Olivier Besancenot. Dans le temps où deux blocs s’affrontaient, la position gaulliste trouvait une justification stratégique, répondait à une vision du monde et du rôle de la France. Mais aujourd’hui, tout le monde est « gaulliste » à contre temps. Aussi saluons la qualité et l’intelligence de la position de la figure gaulliste la plus remarquable, la plus constante et consistante de l’échiquier politique, Michèle Alliot-Marie, ancien ministre de la défense, qui ne craint pas les leçons d’indépendance nationale des gaullistes de la 11ème heure. Quant aux souverainistes, de gauche et de droite, ils ne craignent jamais d’avoir une guerre de retard. Les enjeux qui doivent nous rester à l’esprit sont de diverses natures comme les périls qui nous menacent. Ces menaces viennent de moins en moins des états qui ont bien compris qu’à nourrir un serpent dans leur sein, ils risquent à tout moment d’être déstabilisés. L’extrême interdépendance des économies, est, à tout prendre, un vecteur de paix et de stabilité. En revanche, les menaces proviennent d’idéologies ennemies de nos valeurs de vie, de progrès humain. Le suicide est pour elles un moyen de déstabilisation de nos systèmes démocratiques. En cela, le 11 septembre est devenu un marqueur dans l’histoire humaine. Le suicide individuel devient collectif et justifié comme le dernier moyen pour faire céder un système de valeurs exécré. Ces menaces sont multiformes et nécessitent de mutualiser les moyens de prévention. Dans un monde « plat », on sait que la cybercriminalité en s’adossant à la volonté de destruction de nos sociétés démocratiques fait apparaître des collusions improbables mais qui s’étaient trouvé des « compagnonnages » sanglants dans les années 70. Ils ont désormais les moyens de communication modernes à leur disposition. La liste des participants au contre sommet anti-OTAN qui s’organise en ce moment en sera la preuve. Les maffias, les actes de piraterie, la corruption sont des périls qui minent la paix en raison de l’incapacité des états à trouver une réponse à l’extrême pauvreté rendue de moins en moins tolérable dans ces pays. L’aide au développement sera la seule réponse qui vaille. La sécurisation de nos approvisionnements est un enjeu majeur de notre sécurité et par la même de la stabilité du monde, seul vecteur de développement pour les plus pauvres. Le « containment » de puissances moins pacifiques réclament des partenariats pragmatiques entre grandes puissances. La Russie y est prête et a fait ces dernières semaines des efforts importants dans ce sens. Nous en avons fait dans sa direction aussi. La question d’un débat ou pas en France doit s’en tenir à informer des enjeux.
La dernière fois qu’un débat a eu lieu dans la « village gaulois », il s’est soldé par un « non » et le canular du plan B.





